La Gazette du Canada, Partie I, volume 157, numĂ©ro 51 : RĂšglement sur le taux d’intĂ©rĂȘt criminel

Le 23 dĂ©cembre 2023

Fondement législatif
Code criminel

MinistĂšre responsable
MinistĂšre de la Justice

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du RÚglement.)

Enjeux

Les prĂȘteurs Ă  conditions abusives profitent des personnes les plus vulnĂ©rables de nos collectivitĂ©s, notamment les Canadiens Ă  faible revenu, les nouveaux arrivants au Canada et les personnes ayant un historique de crĂ©dit limitĂ©, souvent en accordant des prĂȘts Ă  taux d’intĂ©rĂȘt trĂšs Ă©levĂ©s. Le taux d’intĂ©rĂȘt criminel prĂ©vu dans le Code criminel, soit actuellement un taux d’intĂ©rĂȘt effectif annuel de 60 % (Ă©quivalent Ă  48 % environ sur une base du taux annuel en pourcentage [TAP]) peut piĂ©ger les Canadiens dans un cycle d’endettement qu’ils ne peuvent se permettre ou auquel ils ne peuvent Ă©chapper.

La Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2023 a modifiĂ© l’article 347 du Code criminel pour abaisser le taux d’intĂ©rĂȘt criminel (Ă©galement appelĂ© « le taux criminel Â») Ă  35 % sur une base du TAP. Cette modification entrera en vigueur Ă  la date ou aux dates qui seront fixĂ©es par dĂ©cret du gouverneur en conseil.

L’établissement d’un taux d’intĂ©rĂȘt criminel infĂ©rieur en vertu du Code criminel peut modifier certaines pratiques d’octroi de prĂȘts comme celles concernant les prĂȘts commerciaux ainsi que les prĂȘts garantis de petite valeur, Ă©galement appelĂ©s prĂȘts sur gages, deux types de prĂȘts qui n’enferment pas les Canadiens dans un cycle d’endettement. Les prĂȘts commerciaux n’enferment pas les Canadiens dans un cycle d’endettement, car ils sont accordĂ©s Ă  des entitĂ©s commerciales et non Ă  des particuliers. Comme les prĂȘts sur gages sont garantis, si les consommateurs ne remboursent pas leur dette, celle-ci est Ă©teinte lorsque leur garantie est conservĂ©e par le prĂȘteur, et l’emprunteur ne peut donc pas se retrouver piĂ©gĂ© dans un cycle d’endettement.

Le taux d’intĂ©rĂȘt criminel s’applique Ă  toutes les ententes de prĂȘt au Canada, Ă  l’exception de certains prĂȘts sur salaire (Ă  condition que certaines conditions Ă©noncĂ©es dans le Code criminel soient remplies) et des avances sur les remboursements d’impĂŽt. Les prĂȘts sur salaire sont dĂ©finis au paragraphe 347.1(1) du Code criminel comme une avance d’argent en Ă©change d’un chĂšque postdatĂ©, d’une autorisation de prĂ©lĂšvement automatique ou de paiement futur de mĂȘme nature. Le paragraphe 347.1(2) prĂ©cise que les prĂȘts sur salaire doivent ĂȘtre infĂ©rieurs Ă  1 500 $ pour une pĂ©riode de 62 jours ou moins. La protection contre les dĂ©couverts, les prĂȘts sur marge, les prĂȘts sur gage, les marges de crĂ©dit et les cartes de crĂ©dit sont explicitement exclus de la dĂ©finition des prĂȘts sur salaire. Les provinces doivent Ă©galement recevoir une dĂ©signation du gouverneur en conseil si elles ont adoptĂ© un rĂ©gime de prĂȘts sur salaire, conformĂ©ment au paragraphe 347.1(3) du Code criminel. Les provinces dĂ©signĂ©es fixent actuellement diverses limites sur le coĂ»t d’emprunt pour les prĂȘts sur salaire, ce qui signifie que les consommateurs sont confrontĂ©s Ă  des frais d’emprunt variables pour les prĂȘts sur salaire selon la province dans laquelle le prĂȘt est Ă©mis. Ces limites variables sur le coĂ»t d’emprunt peuvent donc toucher de maniĂšre disproportionnĂ©e certains consommateurs selon la province dans laquelle ils rĂ©sident.

Le RĂšglement sur le taux d’intĂ©rĂȘt criminel (le projet de rĂšglement) exempterait du taux d’intĂ©rĂȘt criminel les pratiques de prĂȘt qui ne correspondent pas Ă  l’intention politique du gouvernement de rĂ©primer les prĂȘts Ă  conditions abusives. De plus, le projet de rĂšglement imposerait une limite fĂ©dĂ©rale au coĂ»t d’emprunt pour les prĂȘts sur salaire afin d’harmoniser le coĂ»t des prĂȘts sur salaire dans les provinces dĂ©signĂ©es parce qu’elles ont adoptĂ© un rĂ©gime de prĂȘts sur salaire.

Contexte

Le Code criminel Ă©rige en infraction : (1) la conclusion d’une convention ou d’une entente visant Ă  percevoir des intĂ©rĂȘts Ă  un taux supĂ©rieur Ă  60 % du taux annuel effectif (TAE); (2) la perception d’intĂ©rĂȘts Ă  un taux supĂ©rieur Ă  60 % du TAE. Le taux d’intĂ©rĂȘt criminel a Ă©tĂ© introduit pour la premiĂšre fois dans l’article 347 du Code criminel en 1980. Les modifications introduites dans le cadre de la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2023 reprĂ©sentent la premiĂšre mise Ă  jour importante du rĂ©gime criminel des taux d’intĂ©rĂȘt depuis 1980. Le taux criminel s’applique Ă  pratiquement toutes les conventions et ententes de crĂ©dit au Canada, y compris les prĂȘts remboursables par versements, les marges de crĂ©dit, les prĂȘts automobiles, les prĂȘts sur titre automobiles, les cartes de crĂ©dit, et plus encore. Les dispositions relatives aux taux d’intĂ©rĂȘt criminels ne s’appliquent pas aux transactions relevant de la Loi sur la cession du droit au remboursement en matiĂšre d’impĂŽt et de certaines conventions de prĂȘt sur salaire. Cette derniĂšre exception a Ă©tĂ© adoptĂ©e par le biais d’amendements inclus dans l’ancien projet de loi C-26, Loi modifiant le Code criminel (taux d’intĂ©rĂȘt criminel) [L.C. 2007, ch. 9] en 2007.

Lorsqu’elle intente une poursuite pour une infraction, la Couronne doit choisir, selon les circonstances, de procĂ©der soit par acte d’accusation (c’est-Ă -dire un acte criminel entraĂźnant des consĂ©quences plus graves), soit par procĂ©dure sommaire (c’est-Ă -dire une accusation entraĂźnant des consĂ©quences moins graves). Les peines prĂ©vues Ă  l’article 347 du Code criminel sont une peine d’emprisonnement d’une durĂ©e maximale de cinq ans, sur mise en accusation, ou une amende d’au plus 25 000 $ ou une peine d’emprisonnement d’une durĂ©e maximale de deux ans moins un jour, ou les deux, dans le cas des procĂ©dures sommaires.

Exemption de prĂȘts sur salaire

En 2007, l’article 347 du Code criminel a Ă©tĂ© modifiĂ© afin de prĂ©voir une exemption de l’application des dispositions relatives au taux criminel pour les prĂȘts sur salaire, Ă  condition que certaines conditions soient remplies [c’est-Ă -dire le prĂȘt est de 1 500 $ ou moins pour une durĂ©e de 62 jours ou moins, il est Ă©mis par un prĂȘteur agréé ou par une personne spĂ©cifiquement autorisĂ©e par les lois d’une province et la province est dĂ©signĂ©e par le gouverneur en conseil conformĂ©ment au paragraphe 347.1(3)]. Pour obtenir cette dĂ©signation, une province doit avoir mis en place des mesures lĂ©gislatives qui protĂšgent les utilisateurs de prĂȘts sur salaire et doit prĂ©voir des limites sur le coĂ»t total d’emprunt pour les conventions de prĂȘt sur salaire. Actuellement, neuf provinces (Ă  l’exception du QuĂ©bec) disposent d’un rĂ©gime de prĂȘts sur salaire approuvĂ©. Les territoires et le QuĂ©bec n’ont pas demandĂ© de dĂ©signation en vertu de ces dispositions et, par consĂ©quent, toute offre de prĂȘt sur salaire dans les territoires et au QuĂ©bec serait assujettie au taux criminel.

Le rĂ©gime de prĂȘt sur salaire de chaque province est diffĂ©rent, bien que la plupart des rĂ©gimes provinciaux incluent des mesures communes de protection des consommateurs telles que des exigences de divulgation, des droits d’annulation et des restrictions sur les cessions de salaire ou les reconductions de prĂȘts. Actuellement, les autoritĂ©s provinciales fixent une limite au coĂ»t d’emprunt pour un prĂȘt sur salaire, qui peut varier entre 14 $ par tranche de 100 $ empruntĂ©s (Terre-Neuve-et-Labrador) et 17 $ par tranche de 100 $ empruntĂ©s (Manitoba, Nouvelle-Écosse et Saskatchewan).

Actuellement, les rĂ©gimes provinciaux de prĂȘts sur salaire autorisent Ă©galement des frais uniques pour chĂšque refusĂ© de 20 $ en Colombie-Britannique, au Manitoba, au Nouveau-Brunswick et Ă  Terre-Neuve-et-Labrador, de 25 $ en Alberta, en Ontario et en Saskatchewan et de 40 $ en Nouvelle-Écosse, tandis que l’Île-du-Prince-Édouard n’impose aucune limite numĂ©rique aux frais de chĂšque refusĂ© qui peuvent ĂȘtre facturĂ©s. Des frais de chĂšque refusĂ© sont imposĂ©s par un prĂȘteur sur salaire Ă  un emprunteur lorsque les fonds du compte bancaire de l’emprunteur sont insuffisants pour couvrir le remboursement du prĂȘt sur salaire.

Initiatives gouvernementales pour rĂ©primer les prĂȘts Ă  conditions abusives

En 2021, la lettre de mandat de la ministre des Finances comprenait un engagement Ă  agir contre les prĂȘteurs prĂ©dateurs en abaissant le taux d’intĂ©rĂȘt criminel prĂ©vu dans le Code criminel. De plus, cet engagement a Ă©tĂ© soulignĂ© dans le budget de 2021. Aux fins de cette analyse, les prĂȘts Ă  conditions abusives sont considĂ©rĂ©s comme des produits de crĂ©dit assortis de taux d’intĂ©rĂȘt et/ou de frais Ă©levĂ©s. Ces produits sont gĂ©nĂ©ralement fournis par des prĂȘteurs parallĂšles (par exemple des prĂȘteurs autres que les banques ou les coopĂ©ratives de crĂ©dit).

Dans son budget de 2023, le gouvernement annonçait son intention d’abaisser le taux d’intĂ©rĂȘt criminel Ă  35 % sur la base du TAP (par rapport Ă  60 % sur la base du TAE, ce qui Ă©quivaut Ă  48 % environ sur une base du TAP) et de fixer le coĂ»t d’emprunt maximal pour les prĂȘts sur salaire Ă  14 $ par tranche de 100 $ empruntĂ©s. Par consĂ©quent, la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2023 a introduit des modifications lĂ©gislatives pour abaisser le taux d’intĂ©rĂȘt criminel Ă  35 % sur la base du TAP. Les modifications comprenaient Ă©galement deux pouvoirs de rĂ©glementation pour : (1) accorder des exemptions au taux criminel pour certains types de prĂȘts; (2) fixer une limite au coĂ»t total d’emprunt pour une entente de prĂȘt sur salaire. Ces dispositions ont reçu la sanction royale avec l’adoption de la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2023, mais ne sont pas encore en vigueur.

Le 6 octobre 2023, le ministĂšre des Finances (le MinistĂšre) a lancĂ© des consultations pour Ă©tudier la possibilitĂ© de rĂ©duire davantage le taux d’intĂ©rĂȘt criminel, d’accroĂźtre l’accĂšs au crĂ©dit Ă  faible coĂ»t et de faible valeur au Canada, et de procĂ©der Ă  des rĂ©visions supplĂ©mentaires Ă  l’exemption des prĂȘts sur salaire. Les commentaires reçus dans le cadre de ces consultations seront traitĂ©s sĂ©parĂ©ment des commentaires sur le projet de rĂšglement.

Objectif

Les objectifs du RĂšglement sur le taux d’intĂ©rĂȘt criminel proposĂ© sont les suivants :

Description

Exemptions du taux d’intĂ©rĂȘt criminel

Le projet de rĂšglement exempterait les prĂȘts commerciaux (c’est-Ă -dire les prĂȘts Ă  des fins commerciales lorsque l’emprunteur n’est pas une personne physique) d’une valeur supĂ©rieure Ă  10 000 $ et jusqu’à 500 000 $ du taux d’intĂ©rĂȘt criminel (qui, en vertu des modifications apportĂ©es Ă  la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2023, passera Ă  35 % sur la base du TAP), tant que le TAP sur ces prĂȘts ne dĂ©passe pas 48 %. Les prĂȘts commerciaux supĂ©rieurs Ă  500 000 $ ne seraient pas soumis au taux d’intĂ©rĂȘt criminel ni Ă  tout autre plafond de taux en vertu du projet de rĂšglement. Les prĂȘts commerciaux de 10 000 $ et moins seraient soumis au taux d’intĂ©rĂȘt criminel, qui, en vertu des modifications apportĂ©es Ă  la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2023, passerait Ă  35 % sur la base du TAP.

Le projet de rĂšglement exempterait les petits prĂȘts garantis sans recours, communĂ©ment appelĂ©s prĂȘts sur gage, du taux d’intĂ©rĂȘt criminel, Ă  condition que le TAP de ces prĂȘts ne dĂ©passe pas 48 % et que le prĂȘt soit Ă©valuĂ© Ă  moins de 1 000 $. Les prĂȘts sur gage d’une valeur de 1 000 $ et plus resteraient soumis au taux d’intĂ©rĂȘt criminel, qui, en vertu des modifications apportĂ©es Ă  la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2023, diminuera Ă  35 % sur la base du TAP.

Limite du coĂ»t d’emprunt pour un prĂȘt sur salaire

Le projet de rĂšglement imposerait une nouvelle limite fĂ©dĂ©rale sur le coĂ»t d’emprunt pour les prĂȘts sur salaire de 14 $ par tranche de 100 $ empruntĂ©s dans toutes les provinces ayant un rĂ©gime de prĂȘt sur salaire approuvĂ©. Les prĂȘteurs des provinces qui imposent actuellement des limites plus Ă©levĂ©es sur le coĂ»t d’emprunt devraient prĂȘter au taux de 14 $ par tranche de 100 $ pour se conformer au Code criminel. Dans les cas oĂč le prĂȘt sur salaire est remboursĂ© en deux semaines, cela entraĂźnerait un TAP supĂ©rieur Ă  350 %.

Le projet de rĂšglement exclurait Ă©galement les frais de chĂšque refusĂ© de 20 $ ou moins du calcul de la limite tarifaire de 14 $. Cela fixerait effectivement un plafond de 20 $ sur les frais uniques pour chĂšque refusĂ© qu’un prĂȘteur sur salaire pourrait facturer, ce qui correspondrait aux frais provinciaux les plus bas autorisĂ©s. Les prĂȘteurs des provinces qui autorisent actuellement des frais pour chĂšque refusĂ© plus Ă©levĂ©s devraient rĂ©duire leurs frais de chĂšque refusĂ© Ă  20 $ pour se conformer au Code criminel.

Le projet de rĂšglement n’inclurait pas les intĂ©rĂȘts sur les montants impayĂ©s des prĂȘts dans la limite de 14 $, car presque tous les rĂ©gimes provinciaux autorisent actuellement des intĂ©rĂȘts sur les montants impayĂ©s des prĂȘts allant jusqu’à 2,5 % par mois.

Le projet de rĂšglement s’appliquera Ă  tous les prĂȘts, y compris les prĂȘts sur salaire, conclus Ă  compter de la date d’entrĂ©e en vigueur du rĂšglement.

Élaboration de la rĂ©glementation

Consultation

À l’automne 2022, le ministĂšre des Finances (le MinistĂšre) a menĂ© une consultation publique de 60 jours sur la rĂ©duction du taux d’intĂ©rĂȘt criminel afin de freiner les prĂȘts Ă  conditions abusives. Dans le cadre de cette consultation, le MinistĂšre a reçu plus de 100 entrĂ©es provenant d’associations industrielles, de groupes de consommateurs, d’universitaires et de citoyens canadiens.

L’objectif de cette consultation Ă©tait de recueillir des opinions sur le taux d’intĂ©rĂȘt criminel prĂ©vu dans le Code criminel. Toutefois, le MinistĂšre a Ă©galement entendu des intervenants que des exemptions du taux d’intĂ©rĂȘt criminel devraient ĂȘtre prĂ©vues pour certains types de prĂȘts (c’est-Ă -dire les prĂȘts pour lesquels l’emprunteur est une entitĂ© commerciale) et que davantage de mesures devraient ĂȘtre prises pour protĂ©ger les emprunteurs contre les prĂȘts sur salaire.

À la suite de l’annonce du budget de 2023, qui prĂ©voyait une rĂ©duction du taux d’intĂ©rĂȘt criminel et l’introduction d’un plafond sur le coĂ»t d’emprunt pour les prĂȘts sur salaire, le MinistĂšre a tenu des consultations ciblĂ©es avec certains intervenants pour orienter la rĂ©daction de rĂšglements sur les exemptions au taux d’intĂ©rĂȘt criminel et au plafond des prĂȘts sur salaire. Le MinistĂšre a reçu plus de 50 entrĂ©es et a organisĂ© des rĂ©unions de suivi avec les intervenants pour discuter plus en dĂ©tail de leurs prĂ©sentations.

Les groupes de consommateurs se sont gĂ©nĂ©ralement opposĂ©s Ă  toute exemption pour les produits liĂ©s Ă  la consommation. Certains ont soulignĂ© que les exemptions pour les prĂȘts commerciaux peuvent nuire aux propriĂ©taires de petites entreprises, car ils n’ont peut-ĂȘtre pas la perspicacitĂ© nĂ©cessaire pour Ă©viter les prĂȘts Ă  conditions abusives. Toutefois, aucun organisme reprĂ©sentant les petites entreprises n’a prĂ©sentĂ© de proposition. D’autres n’ont exprimĂ© aucun avis sur une exemption pour les emprunteurs commerciaux.

Les prĂȘteurs de l’industrie ont proposĂ© un certain nombre d’exemptions potentielles. Divers intervenants du secteur, prĂȘteurs et emprunteurs ont fait valoir qu’en l’absence d’exemption rĂ©glementaire pour les prĂȘts commerciaux, certaines entreprises pourraient ne pas ĂȘtre en mesure d’obtenir le crĂ©dit nĂ©cessaire. Les emprunteurs industriels ont plaidĂ© en faveur d’une exemption pour les prĂȘts commerciaux, estimant que cela garantirait que les transactions commerciales sophistiquĂ©es ne soient pas limitĂ©es, notamment en ce qui concerne la capacitĂ© de certains emprunteurs commerciaux d’accĂ©der au financement par emprunt.

Certains prĂȘteurs du secteur ont proposĂ© une exemption pour les prĂȘts de faible montant qui pourrait potentiellement servir de solution de rechange aux prĂȘts sur salaire, tout en permettant des Ă©chĂ©anciers de paiement plus faciles Ă  gĂ©rer. Toutefois, les groupes de consommateurs ont indiquĂ© leur opposition Ă  une telle exemption, invoquant la possibilitĂ© que les emprunteurs continuent de sombrer dans un cycle d’endettement.

Les prĂȘteurs sur gages ont fait valoir que les petits prĂȘts garantis n’enferment pas les emprunteurs dans un cycle d’endettement de la mĂȘme maniĂšre que les prĂȘts personnels non garantis et devraient donc ĂȘtre exemptĂ©s du taux criminel. Ils ont Ă©galement fait remarquer qu’en raison de la faible valeur de ces prĂȘts, combinĂ©e Ă  des coĂ»ts fixes Ă©levĂ©s, les prĂȘts sur gages deviendraient non viables dans un contexte de taux criminel plus bas.

Les rĂ©gulateurs provinciaux ont soulignĂ© qu’en plus d’une limite sur le coĂ»t d’emprunt d’un prĂȘt sur salaire, de nombreuses provinces autorisent des frais uniques pour chĂšque refusĂ©, ainsi que des intĂ©rĂȘts sur le capital impayĂ©. Les provinces et les prĂȘteurs sur salaire sont d’avis que ces frais devraient continuer d’ĂȘtre autorisĂ©s en vertu du projet de rĂšglement.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Les peuples autochtones pourraient ĂȘtre touchĂ©s positivement par cette proposition. Les donnĂ©es de l’EnquĂȘte canadienne sur les capacitĂ©s financiĂšres de 2019 indiquent que les rĂ©pondants qui s’identifient comme Autochtones Ă©taient gĂ©nĂ©ralement plus susceptibles d’avoir empruntĂ© au moyen d’un prĂȘt sur salaire au cours des 12 derniers mois de la pĂ©riode d’enquĂȘte, en particulier pour les mĂ©nages Ă  faible revenu. Cette annĂ©e-lĂ , le groupe s’identifiant comme autochtone a eu recours Ă  des prĂȘts sur salaire Ă  un taux plus Ă©levĂ© que la moyenne, 5 % des rĂ©pondants autochtones ayant accĂ©dĂ© Ă  des prĂȘts sur salaire, contre 1,3 % des rĂ©pondants non autochtones. Ainsi, Ă©tant donnĂ© que les peuples autochtones sont plus susceptibles d’accĂ©der Ă  des prĂȘts sur salaire, ils tireraient des avantages du coĂ»t d’emprunt infĂ©rieur de 14 $ par tranche de 100 $ fixĂ© par le projet de rĂšglement.

La proposition ne devrait pas avoir d’effets prĂ©judiciables sur des droits ancestraux ou issus de traitĂ©s, Ă©tablis ou potentiels, qui sont reconnus et confirmĂ©s Ă  l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982.

Choix de l’instrument

Le taux d’intĂ©rĂȘt criminel est dĂ©fini dans le Code criminel. Une fois que les modifications adoptĂ©es dans la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2023 sont en vigueur, le Code criminel autorisera Ă©galement le gouverneur en conseil Ă  prendre des rĂšglements prĂ©voyant des exemptions Ă  l’application de ce taux. Les rĂšglements sont le seul instrument viable pour prĂ©voir de telles exemptions et, Ă  ce titre, aucun autre instrument n’a Ă©tĂ© envisagĂ©.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

L’analyse coĂ»ts-avantages complĂšte Ă©laborĂ©e pour soutenir cette proposition est disponible sur demande. L’analyse est rĂ©sumĂ©e ci-dessous.

Exemptions du taux d’intĂ©rĂȘt criminel

Les prĂȘts commerciaux ne nĂ©cessitent pas le mĂȘme degrĂ© de surveillance rĂ©glementaire que les prĂȘts personnels. Les prĂȘts commerciaux nĂ©cessitent souvent des taux de rendement Ă©levĂ©s pour attirer les investissements en capital et sont gĂ©nĂ©ralement contractĂ©s par des parties qui comprennent le rapport risque-rendement dans le cadre de portefeuilles diversifiĂ©s conçus pour couvrir les risques. Des rĂšgles trop restrictives sur ces types de prĂȘts pourraient avoir un effet dissuasif sur les transactions qui, tous facteurs pris en compte, seraient avantageuses pour les deux parties et pour l’économie.

De plus, au Canada, les prĂȘts commerciaux n’enferment pas les particuliers dans un cycle d’endettement. En plus de capturer certaines pratiques de prĂȘt commercial qui ne correspondent pas Ă  l’intention politique, une baisse supplĂ©mentaire du taux criminel pourrait restreindre la capacitĂ© des entitĂ©s commerciales sophistiquĂ©es Ă  s’engager dans des opĂ©rations d’emprunt. C’est pourquoi le projet de rĂšglement exempterait les prĂȘts commerciaux du nouveau taux criminel plus bas.

Plus prĂ©cisĂ©ment, le projet de rĂšglement exempterait les prĂȘts commerciaux Ă©valuĂ©s entre 10 000 $ et 500 000 $ du taux d’intĂ©rĂȘt criminel, qui, en vertu des modifications apportĂ©es Ă  la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2023, passera Ă  35 % sur la base du TAP, mais maintiendra la limite de 48 % sur la base du TAP. Cela garantit vĂ©ritablement Ă  certains emprunteurs commerciaux, en particulier les petites entreprises emprunteuses, de continuer de bĂ©nĂ©ficier d’un certain niveau de protection pĂ©nale, tout en pouvant accĂ©der Ă  un crĂ©dit qui ne serait pas accordĂ© Ă  un taux d’intĂ©rĂȘt infĂ©rieur Ă  35 % sur la base du TAP.

Les prĂȘts commerciaux d’une valeur infĂ©rieure Ă  10 000 $ ne seront pas exemptĂ©s du nouveau taux criminel de 35 % sur la base du TAP en vertu du projet de rĂšglement. TrĂšs peu de prĂȘts commerciaux sont Ă©mis pour des valeurs infĂ©rieures Ă  10 000 $ et ces prĂȘts sont moins susceptibles de faire partie d’un portefeuille d’investissement diversifiĂ© plus large. Ainsi, les prĂȘts commerciaux infĂ©rieurs Ă  10 000 $ seront soumis au nouveau taux d’intĂ©rĂȘt criminel afin de dissuader les prĂȘteurs de manipuler les exemptions rĂ©glementaires et de contourner le taux criminel en accordant des prĂȘts Ă  la consommation en tant que prĂȘts commerciaux. Étant donnĂ© que peu de prĂȘts commerciaux sont Ă©valuĂ©s Ă  moins de 10 000 $, cela aura un impact financier minime sur les prĂȘteurs et emprunteurs commerciaux. En gĂ©nĂ©ral, les emprunteurs consommateurs bĂ©nĂ©ficieront d’un risque rĂ©duit de voir les prĂȘteurs tenter de contourner le nouveau taux criminel.

Les prĂȘts commerciaux d’une valeur supĂ©rieure Ă  500 000 $ ne seront soumis Ă  aucun taux d’intĂ©rĂȘt criminel. Il s’agit d’éviter les frictions contractuelles et de garantir des investissements sains et productifs dans les domaines du capital-risque et du capital-investissement, qui peuvent actuellement ĂȘtre limitĂ©s par un taux criminel de 48 % sur la base du TAP. Les opĂ©rations de prĂȘt commercial supĂ©rieures Ă  500 000 $ reprĂ©sentent un niveau de sophistication qui ne nĂ©cessite pas de protection par les dispositions sur le taux d’intĂ©rĂȘt criminel. De plus, il y a trĂšs peu de transactions commerciales pour des prĂȘts supĂ©rieurs Ă  500 000 $ dont la valeur approche un taux d’intĂ©rĂȘt de 48 %, de sorte que les coĂ»ts pour les prĂȘteurs et les emprunteurs sont limitĂ©s. Exempter du taux criminel les prĂȘts commerciaux supĂ©rieurs Ă  500 000 $ prĂ©sentera des avantages pour certaines formes limitĂ©es de transactions sophistiquĂ©es, telles que le financement par capital-risque et le financement de stocks automobiles. Ces types de transactions ne touchent pas les Canadiens Ă  faible revenu et Ă©conomiquement vulnĂ©rables.

Les prĂȘts garantis de petit montant, sans recours, communĂ©ment appelĂ©s prĂȘts sur gage, sont diffĂ©rents des autres types d’emprunt, car l’obtention d’un tel prĂȘt ne dĂ©pend pas du revenu ou du crĂ©dit de l’emprunteur. Les prĂȘts sur gage sont garantis par une sĂ»retĂ©. Si le prĂȘt est remboursĂ©, la sĂ»retĂ© est restituĂ©e Ă  l’emprunteur. Si le prĂȘt n’est pas remboursĂ©, le prĂȘteur conserve la sĂ»retĂ©, couvrant toute obligation impayĂ©e et protĂ©geant l’emprunteur d’une dette qu’il pourrait ne pas ĂȘtre en mesure de rembourser, ce qui est l’un des principaux objectifs politiques du nouveau taux criminel plus bas. En tant que tels, ces prĂȘts ne causent pas le mĂȘme niveau de prĂ©judice que les autres prĂȘts dans la mesure oĂč aucun cycle d’endettement n’est créé ou perpĂ©tuĂ© et un dĂ©faut de paiement de ces prĂȘts ne modifie pas les cotes de crĂ©dit des emprunteurs ni leur capacitĂ© Ă  obtenir d’autres emprunts. Compte tenu du degrĂ© de prĂ©judice relativement moindre, le projet de rĂšglement viserait donc Ă  maintenir l’accĂšs Ă  ce produit de prĂȘt garanti de faible valeur.

Les prĂȘts sur gage d’une valeur Ă©gale ou supĂ©rieure Ă  1 000 $ continueront d’ĂȘtre soumis au taux d’intĂ©rĂȘt criminel, qui passe Ă  35 % sur la base du TAP, afin de ne pas inciter les prĂȘteurs Ă  manipuler les exemptions rĂ©glementaires et Ă  contourner le taux d’intĂ©rĂȘt criminel pour accorder des prĂȘts Ă  la consommation. Par exemple, en l’absence de ce seuil, les prĂȘteurs parallĂšles qui proposent des prĂȘts Ă  tempĂ©rament Ă  coĂ»t Ă©levĂ© peuvent ĂȘtre incitĂ©s Ă  obtenir des licences sur gage pour proposer des prĂȘts « garantis Â» de grande valeur. Il convient de noter que trĂšs peu de prĂȘts sur gages sont Ă©mis pour des valeurs supĂ©rieures Ă  1 000 $.

Étant donnĂ© que les exemptions prĂ©vues par le projet de rĂšglement supprimeraient les restrictions et seraient de nature permissive, on suppose que les particuliers et les entreprises concernĂ©s se comportent gĂ©nĂ©ralement de maniĂšre rationnelle et n’entreprennent de tels Ă©changes que dans les situations qu’ils jugent ĂȘtre dans leur intĂ©rĂȘt. Étant donnĂ© que l’exemption sur gage maintiendra en grande partie le statu quo en soumettant la majoritĂ© des prĂȘts sur gage au taux criminel actuel, il n’y a aucun coĂ»t ni avantage monĂ©tisĂ© pour ces Ă©lĂ©ments de la proposition. De mĂȘme, le statu quo est largement maintenu pour les prĂȘts commerciaux infĂ©rieurs Ă  500 000 $ (en ce qui concerne le taux d’intĂ©rĂȘt maximal applicable). Bien que les prĂȘts commerciaux supĂ©rieurs Ă  500 000 $ qui ne sont plus soumis Ă  une limite de taux puissent prĂ©senter certains avantages monĂ©taires positifs, en raison de la variabilitĂ© du nombre et de la valeur des prĂȘts Ă©mis, ces effets ne sont pas monĂ©tisĂ©s.

Limite du coĂ»t d’emprunt pour les prĂȘts sur salaire

Certains intervenants ont indiquĂ© que la baisse du taux d’intĂ©rĂȘt criminel, sans aucune mesure visant Ă  rĂ©duire le coĂ»t d’emprunt pour les prĂȘts sur salaire, pourrait inciter de plus en plus les consommateurs Ă  recourir aux prĂȘts sur salaire. Étant donnĂ© que le plafond du coĂ»t d’emprunt pour un prĂȘt sur salaire varie selon la province, le projet de rĂšglement imposerait un plafond fĂ©dĂ©ral pour ĂȘtre admissible Ă  l’exemption, ce qui harmoniserait les coĂ»ts des prĂȘts sur salaire entre les provinces qui autorisent les prĂȘts sur salaire, l’alignant ainsi sur la limite provinciale la plus basse du coĂ»t d’emprunt pour un prĂȘt sur salaire, Ă  Terre-Neuve-et-Labrador.

Le modĂšle suivant quantifie les coĂ»ts et les avantages de la limite fĂ©dĂ©rale sur le coĂ»t d’emprunt d’un prĂȘt sur salaire. Le modĂšle Ă©value deux scĂ©narios : dans la rĂ©fĂ©rence, sur une pĂ©riode de 10 ans, des plafonds de taux maximaux (y compris des plafonds de taux sur les frais de chĂšques refusĂ©s) sont dĂ©terminĂ©s par les provinces et on suppose qu’ils sont maintenus aux niveaux actuels. Dans le scĂ©nario rĂ©glementaire, sur la mĂȘme pĂ©riode de 10 ans, une limite maximale fĂ©dĂ©rale du coĂ»t d’emprunt pour un prĂȘt sur salaire de 14 $ par chaque tranche de 100 $ s’applique dans les provinces et territoires concernĂ©s, ainsi que des frais de chĂšque refusĂ© maximaux de 20 $. Les impacts diffĂ©rentiels du projet de rĂšglement sont mesurĂ©s comme la diffĂ©rence entre ces deux scĂ©narios.

Les donnĂ©es provinciales sur les prĂȘts sur salaire de l’Alberta, de la Colombie-Britannique et de la Nouvelle-Écosse sont disponibles sur plusieurs annĂ©es. Les donnĂ©es de 2021, l’annĂ©e la plus rĂ©cente pour laquelle des donnĂ©es sont disponibles pour les trois provinces, sont utilisĂ©es pour estimer les coĂ»ts et les avantages. Toutes les valeurs monĂ©taires prĂ©sentĂ©es dans l’analyse sont exprimĂ©es en dollars de 2022. Actuellement, il existe des variations dans les limites provinciales concernant le coĂ»t d’emprunt, exprimĂ© comme le coĂ»t d’emprunt maximal pour un prĂȘt sur salaire de 100 $ :

Afin de simplifier l’analyse, on utilise la moyenne pondĂ©rĂ©e selon la population de la limite permise par tranche de 100 $. Cette moyenne correspond Ă  15,25 $ par 100 $ dans la base de rĂ©fĂ©rence et Ă  14 $ par 100 $ dans le projet de rĂšglement.

De plus, il existe actuellement des variations dans les limites provinciales concernant les frais maximaux admissibles pour les chĂšques refusĂ©s imputĂ©s par les fournisseurs de prĂȘts sur salaire. Les voici :

Comme pour les coĂ»ts de prĂȘt, la moyenne pondĂ©rĂ©e selon la population des frais de chĂšque refusĂ© admissibles est utilisĂ©e pour simplifier l’impact potentiel. On suppose que le maximum moyen Ă  l’Île-du-Prince-Édouard est de 25 $ (voir ci-dessous). Ainsi, les frais moyens admissibles pondĂ©rĂ©s selon la population nationale passeraient de 24,24 $ dans la base de rĂ©fĂ©rence Ă  20 $ dans le projet de rĂšglement.

Les hypothĂšses supplĂ©mentaires suivantes sont envisagĂ©es :

Les variables Ă©tudiĂ©es aux fins de l’analyse coĂ»ts-avantages comprennent les changements dans les bĂ©nĂ©fices des entreprises et les Ă©conomies estimĂ©es pour les emprunteurs. Toutes les valeurs monĂ©taires sont exprimĂ©es en dollars de 2022.

Pour calculer les coĂ»ts de la proposition, la perte de surplus des producteurs est estimĂ©e Ă  l’aide d’une ventilation des coĂ»ts fournie par l’industrie. Le coĂ»t du projet de rĂšglement est estimĂ© comme Ă©tant la diffĂ©rence entre le profit estimĂ© de l’industrie dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence en fonction du total des prĂȘts Ă©mis et le profit estimĂ© de l’industrie dans le scĂ©nario rĂ©glementaire.

Afin d’estimer les avantages pour les emprunteurs de prĂȘts sur salaire, la diffĂ©rence du coĂ»t d’emprunt est appliquĂ©e Ă  la valeur totale des prĂȘts qui continuent d’ĂȘtre Ă©mis dans le scĂ©nario rĂ©glementaire. En moyenne, les consommateurs Ă©conomiseront 1,25 $ pour chaque tranche de 100 $ de prĂȘts sur salaire. Étant donnĂ© que la valeur estimĂ©e des intĂ©rĂȘts payĂ©s diminue dans le scĂ©nario rĂ©glementaire, on peut conclure que le projet de rĂšglement permettrait aux consommateurs qui sont en mesure d’emprunter de l’argent Ă  la fois dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et dans le scĂ©nario rĂ©glementaire (autres clients) de rĂ©aliser des Ă©conomies.

Comme le dĂ©crivent les tableaux ci-dessous, les emprunteurs canadiens Ă©conomisent collectivement environ 29,3 millions de dollars en intĂ©rĂȘts sur les prĂȘts sur salaire, ainsi que sur les frais de chĂšques refusĂ©s, au cours de la premiĂšre annĂ©e et 256,8 millions de dollars sur 10 ans. Cela se traduit par des Ă©conomies d’environ 51,90 $ par client pour tous les autres clients au cours de la premiĂšre annĂ©e. Les Ă©conomies rĂ©alisĂ©es par les emprunteurs devraient entraĂźner un coĂ»t sur les bĂ©nĂ©fices de l’industrie, lesquels devraient diminuer de 30,7 millions de dollars la premiĂšre annĂ©e et de 238,5 millions de dollars sur 10 ans. Cela se traduit par un avantage pour la valeur actualisĂ©e nette pour la sociĂ©tĂ© de 18,2 millions de dollars (256,8 millions moins 238,5 millions).

ÉnoncĂ© des coĂ»ts et avantages
Tableau 1 : CoĂ»ts monĂ©tarisĂ©s (en M$)
Intervenant touché Description des coûts Année de référence
(en M$)
Autres années pertinentes DerniÚre année (en M$) Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
(en M$)
Industrie Perte de bĂ©nĂ©fices continue 26,8 $ S.O. 32,7 $ 234,6 $ 31,8 $
CoĂ»t unique (par exemple mise Ă  jour des systĂšmes informatiques, du matĂ©riel marketing, etc.) 3,92 $ S.O. 0 $ 3,92 $ S.O.
Tous les intervenants Total des coĂ»ts 30,7 $ S.O. 32,7 $ 238,5 $ 31,8 $
Tableau 2 : Avantages monĂ©tarisĂ©s (en M$)
Intervenant touchĂ© Description de l’avantage AnnĂ©e de rĂ©fĂ©rence
(en M$)
Autres années pertinentes DerniÚre année (en M$) Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
(en M$)
Consommateurs Économies sur les frais de montage 27,46 $ S.O. 33,5 $ 240,5 $ 32,1 $
Économies sur les frais de chĂšques refusĂ©s 1,86 $ S.O. 2,27 $ 16,3 $ 2,2 $
Tous les intervenants Total des avantages 29,3 $ S.O. 35,7 $ 256,8 $ 34,2 $
Tableau 3 : RĂ©sumĂ© des coĂ»ts et avantages monĂ©tarisĂ©s (en M$)
Répercussions Année de référence Autres années pertinentes DerniÚre année Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Total des coĂ»ts 30,7 $ S.O. 32,7 $ 238,5 $ 31,8 $
Total des avantages 29,3 $ S.O. 35,7 $ 256,8 $ 34,2 $
RÉPERCUSSION NETTE (1,4 $) S.O. 3,1 $ 18,2 $ 2,4 $
Répercussions quantifiées (non monétarisées) et répercussions qualitatives

Répercussions positives

Répercussions négatives

Analyse de la sensibilité

Pour examiner les rĂ©percussions de diffĂ©rentes variables sur les rĂ©sultats du projet de rĂšglement, une analyse de la sensibilitĂ© a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e sur l’élasticitĂ© de l’offre (scĂ©narios 1 et 2).

ScĂ©nario 1

Dans le scĂ©nario 1, les rĂ©sultats ont Ă©tĂ© estimĂ©s en supposant une Ă©lasticitĂ© accrue de l’offre de 0,41, contre 0,31 dans l’analyse rĂ©glementaire (centrale). Cela garantit que les rĂ©sultats sont robustes par rapport aux variations de cette hypothĂšse, laquelle est incertaine Ă©tant donnĂ© les donnĂ©es limitĂ©es sur lesquelles elle s’appuie. Étant donnĂ© que les membres de l’industrie ont affirmĂ© qu’un plafond de taux entraĂźnerait une diminution des prĂȘts sur salaire, une augmentation de l’élasticitĂ© a Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme une possibilitĂ©. Avec l’élasticitĂ© accrue de l’offre, il y aurait une plus grande restriction de l’offre rĂ©sultant de la baisse des taux de prĂȘt, et le volume total des prĂȘts accordĂ©s dans le cadre de la rĂ©glementation passerait de 2,2 milliards de dollars Ă  2,18 milliards de dollars au cours de la premiĂšre annĂ©e. En raison de ce changement, les consommateurs devraient Ă©conomiser en moyenne 52,10 $, les avantages totalisant 29,1 millions de dollars la premiĂšre annĂ©e.

Au cours de la premiĂšre annĂ©e, les prĂȘteurs constateraient Ă©galement une lĂ©gĂšre diminution de leurs bĂ©nĂ©fices, passant de 26,2 millions de dollars dans le scĂ©nario central Ă  24,3 millions de dollars dans le scĂ©nario 1. Cela reprĂ©sente une perte de bĂ©nĂ©fices de 28,7 millions de dollars par rapport au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, compte tenu des coĂ»ts uniques.

Dans l’ensemble, la valeur actualisĂ©e nette du projet de rĂšglement dans le scĂ©nario 1 est de 353 000 $, soit une baisse importante par rapport Ă  la valeur actualisĂ©e nette estimĂ©e dans le scĂ©nario central de 18,2 millions de dollars.

ScĂ©nario 2

Dans le scĂ©nario 2, il est supposĂ© que l’élasticitĂ© de l’offre est Ă©gale Ă  0,21, soit une diminution par rapport Ă  ce qui est estimĂ© dans le scĂ©nario central. Cela permettra d’estimer les coĂ»ts et les avantages dans le cas oĂč l’offre ne rĂ©agirait pas aussi bien Ă  un changement de prix. Dans le scĂ©nario 2, le volume total des prĂȘts dĂ©caissĂ©s au cours de la premiĂšre annĂ©e est estimĂ© Ă  2,22 milliards de dollars, soit une lĂ©gĂšre augmentation par rapport Ă  ce qui est estimĂ© dans le scĂ©nario central (2,20 milliards de dollars). Dans ce scĂ©nario, les consommateurs devraient Ă©conomiser 51,80 $ chacun, pour un total de 29,5 millions de dollars la premiĂšre annĂ©e.

De plus, en raison d’une modification du volume total des prĂȘts, les bĂ©nĂ©fices des prĂȘteurs devraient baisser de 24,9 millions de dollars (au cours de la premiĂšre annĂ©e) par rapport au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Il s’agit d’une diminution moindre que celle estimĂ©e dans le scĂ©nario central de 26,8 millions de dollars. Cela reprĂ©sente une perte de bĂ©nĂ©fices de 28,8 millions de dollars par rapport au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, compte tenu des coĂ»ts uniques.

Dans l’ensemble, les rĂ©percussions sur la valeur actualisĂ©e nette du projet de rĂšglement dans le scĂ©nario 2 sont de 36,2 millions de dollars, soit une forte augmentation par rapport Ă  la valeur actualisĂ©e nette du scĂ©nario central (18,2 millions de dollars) et du scĂ©nario 1 (353 000 $).

Les rĂ©sultats des scĂ©narios 1 et 2 impliquent que le modĂšle est trĂšs sensible Ă  l’incertitude inhĂ©rente Ă  l’élasticitĂ© de l’offre. Cela dĂ©montre que les vĂ©ritables rĂ©percussions du projet de rĂšglement dĂ©pendent largement de la rĂ©action du marchĂ©.

Tableau 4 : RĂ©sumĂ© des coĂ»ts et avantages monĂ©tarisĂ©s au cours de l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence (en millions de dollars)
RĂ©percussions ScĂ©nario central ScĂ©nario 1 ScĂ©nario 2
Total des coĂ»ts 30,7 $ 32,6 $ 28,8 $
Total des avantages 29,3 $ 29,1 $ 29,5 $
RĂ©percussion nette (1,4 $) (3,4 $) 0,67 $
Valeur actualisĂ©e nette (sur 10 ans) 18,2 $ 0,35 $ 36,2 $

Analyse de répartition

En gĂ©nĂ©ral, les emprunteurs sur salaire ont souvent des revenus plus faibles et moins d’épargne. L’étude de 2016 de l’Agence de la consommation en matiĂšre financiĂšre du Canada (ACFC) sur les emprunteurs sur salaire au Canada a rĂ©vĂ©lĂ© que 53 % des emprunteurs sur salaire gagnaient moins de 55 000 $ par annĂ©e. De plus, 62 % des personnes interrogĂ©es ont dĂ©clarĂ© que leurs Ă©conomies couvriraient moins de trois mois de dĂ©penses. Seulement 24 % ont dĂ©clarĂ© qu’ils seraient en mesure de payer un achat inattendu de 500 $ avec leurs Ă©conomies existantes.

Selon les donnĂ©es provinciales accessibles au public, on estime qu’il y avait plus de 600 000 emprunteurs sur salaire au Canada en 2021. L’ACFC estime qu’en septembre 2022, 4,52 % des Canadiens avaient eu recours Ă  un prĂȘt sur salaire au cours de leur vie pour gĂ©rer leurs dĂ©penses quotidiennes. Les Autochtones, les immigrants rĂ©cents, les Canadiens Ă  faible revenu et les femmes sont surreprĂ©sentĂ©s dans ces rĂ©sultats.

Les emprunteurs sur salaire sont souvent en Ăąge de travailler et vivent en zone urbaine. L’ACFC rapporte que 72 % des emprunteurs sur salaire Ă©taient ĂągĂ©s de 25 Ă  54 ans et que 83 % d’entre eux vivaient en zone urbaine.

Bien que les utilisateurs de prĂȘts sur salaire empruntent pour un certain nombre de raisons, la plupart empruntent pour couvrir les dĂ©penses nĂ©cessaires. Par exemple, le rapport de 2016 de l’ACFC rĂ©vĂšle que 45 % des rĂ©pondants ont eu recours Ă  un prĂȘt sur salaire pour une dĂ©pense nĂ©cessaire et inattendue, tandis que 41 % ont empruntĂ© pour une dĂ©pense nĂ©cessaire mais attendue. Seulement 7 % des personnes interrogĂ©es ont dĂ©clarĂ© avoir utilisĂ© le prĂȘt pour « acheter quelque chose de spĂ©cial Â». Quant aux raisons pour lesquelles les emprunteurs ont recours aux prĂȘts sur salaire plutĂŽt qu’à des solutions de crĂ©dit de rechange moins chĂšres, beaucoup ont dĂ©clarĂ© ne pas pouvoir accĂ©der Ă  ces solutions de rechange.

Selon cette recherche, le ministĂšre estime que le projet de rĂšglement bĂ©nĂ©ficiera de façon disproportionnĂ©e aux personnes Ă  faible revenu ĂągĂ©es de 25 Ă  54 ans, car la plupart pourront continuer Ă  emprunter, mais Ă  moindre coĂ»t. Les Autochtones, les immigrants rĂ©cents, les personnes Ă  faible revenu et les femmes bĂ©nĂ©ficieront probablement du projet de rĂšglement dans la mesure oĂč ils ont recours aux prĂȘts sur salaire. Ces groupes devraient bĂ©nĂ©ficier le plus du projet de rĂšglement.

Parmi les emprunteurs qui perdront l’accĂšs aux prĂȘts sur salaire, on s’attend Ă  ce que certains d’entre eux en bĂ©nĂ©ficient, par exemple en trouvant une source de crĂ©dit moins chĂšre ou en renonçant complĂštement au crĂ©dit, Ă©conomisant ainsi sur les paiements d’intĂ©rĂȘts. Les rapports d’enquĂȘte rĂ©vĂšlent que lorsqu’ils se voient refuser un crĂ©dit auprĂšs de prĂȘteurs alternatifs, certains consommateurs se tournent vers leur famille, leurs amis ou des organismes communautaires pour emprunter des fonds. Ces options d’emprunt peuvent parfois ĂȘtre moins risquĂ©es pour les consommateurs, car elles sont moins susceptibles de les entraĂźner dans un cycle d’endettement.

Cependant, certains consommateurs qui se voient refuser un prĂȘt sur salaire subissent des prĂ©judices, comme le manquement au paiement d’une facture ou la renonciation Ă  une dĂ©pense nĂ©cessaire. S’ils ne parviennent pas Ă  trouver d’autres formes de crĂ©dit, ces emprunteurs peuvent ĂȘtre confrontĂ©s Ă  des frais de retard de paiement ou Ă  d’autres consĂ©quences nĂ©gatives en raison de la perte d’accĂšs aux prĂȘts sur salaire. Certains emprunteurs peuvent mĂȘme recourir Ă  des prĂȘts illĂ©gaux.

Lentille des petites entreprises

L’analyse dans le cadre de la lentille des petites entreprises a conclu que le projet de rùglement aurait une incidence sur les petites entreprises.

En ce qui concerne les exemptions proposĂ©es au taux d’intĂ©rĂȘt criminel pour les prĂȘts commerciaux, le projet de rĂšglement n’applique pas le nouveau taux criminel aux prĂȘts supĂ©rieurs Ă  10 000 $ et exempte les prĂȘts supĂ©rieurs Ă  500 000 $ de l’application de tout taux d’intĂ©rĂȘt maximum. Ces exemptions seraient de nature permissive et faciliteraient le fonctionnement des entreprises de la mĂȘme maniĂšre qu’avant la diminution du taux criminel. Cela aiderait les petites entreprises Ă  attirer des investissements en capital pour des projets Ă  haut risque en offrant des taux de rendement Ă©levĂ©s, ce qui leur permettrait ainsi de se dĂ©velopper plus rapidement et de couvrir leurs risques personnels en les partageant avec des prĂȘteurs potentiels.

La plupart des prĂȘteurs sur gage sont de petites entreprises. Comme pour les prĂȘts commerciaux exemptĂ©s, les exemptions proposĂ©es leur permettraient de fonctionner de maniĂšre semblable au statu quo. En ce sens, le projet de rĂšglement serait avantageux pour les petites entreprises et leur permettrait d’offrir des prĂȘts de moins de 1 000 $ garantis par une sĂ»retĂ© Ă  des taux plus Ă©levĂ©s que ceux de la base de rĂ©fĂ©rence.

En ce qui concerne la proposition visant Ă  plafonner les prĂȘts sur salaire Ă  14 $ par 100 $ empruntĂ©s, certains prĂȘteurs sur salaire pourraient ĂȘtre classĂ©s comme de petites entreprises et, Ă  ce titre, seraient touchĂ©s par le projet de rĂšglement. Nous prĂ©voyons qu’en imposant un plafond de taux sur les prĂȘts sur salaire, le secteur pourrait se contracter et contraindre certains prĂȘteurs Ă  cesser leurs activitĂ©s. Il semblerait que la diminution du plafond des taux maximum puisse entraĂźner une diminution du nombre de points de service de prĂȘt sur salaire. Ainsi, la concurrence pourrait diminuer sur le marchĂ© des prĂȘts sur salaire Ă  mesure que les grandes entreprises gagnent des parts de marchĂ©. La nouvelle limite sur le coĂ»t d’emprunt pour un prĂȘt sur salaire peut entraĂźner des coĂ»ts de conformitĂ© pour les prĂȘteurs, comme l’adaptation des systĂšmes informatiques, la signalisation et le marketing auprĂšs des emprunteurs. Les prĂȘteurs estiment que ce coĂ»t fixe s’élĂšvera Ă  3,9 millions de dollars Ă  l’échelle nationale. En raison des limites des donnĂ©es, il est difficile de connaĂźtre la proportion des prĂȘteurs sur salaire qui Ă©mettent des prĂȘts sur salaire qui sont de petites entreprises. Selon un rapport Cardus de 2016, 35 % des prĂȘteurs sur salaire sont de petites entreprises. Selon les donnĂ©es provinciales disponibles, le MinistĂšre estime qu’il existe plus de 1 000 prĂȘteurs sur salaire au Canada. En prenant la limite infĂ©rieure de cette estimation (1 000), les rĂ©percussions sur les petites entreprises sont prĂ©sentĂ©es plus loin.

Étant donnĂ© que l’objectif principal du projet de rĂšglement consiste Ă  protĂ©ger les emprunteurs canadiens contre les frais de prĂȘt excessifs, les options de conformitĂ© flexibles n’ont pas Ă©tĂ© considĂ©rĂ©es comme viables pour cette proposition.

Résumé de la lentille des petites entreprises
Tableau 5 : CoĂ»ts totaux de conformitĂ© et d’administration
Totaux Valeur annualisée (en M$) Valeur actualisée (en M$)
CoĂ»t total (toutes les petites entreprises touchĂ©es) 11,1 $ 83,5 $
CoĂ»t par petite entreprise touchĂ©e 0,03 $ 0,24 $

RĂšgle du « un pour un Â»

La rĂšgle du « un pour un Â» ne s’applique pas puisqu’il n’y a pas de changement progressif dans le fardeau administratif des entreprises et qu’aucun titre rĂ©glementaire n’est abrogĂ©. Le projet de rĂšglement n’impose aucun fardeau administratif supplĂ©mentaire aux entreprises, car il n’est pas nĂ©cessaire de prouver qu’une entitĂ© est admissible Ă  l’exemption du taux d’intĂ©rĂȘt criminel. De mĂȘme, les entitĂ©s n’ont aucune obligation de prouver Ă  un organisme de rĂ©glementation fĂ©dĂ©ral que leurs offres de prĂȘts sur salaire sont infĂ©rieures au plafond. Les entreprises peuvent, Ă  leur propre discrĂ©tion, choisir de conserver des dossiers comme preuve de leur innocence en cas de procĂ©dure pĂ©nale. La rĂšgle du « un pour un Â» ne s’applique donc pas.

Coopération et harmonisation en matiÚre de réglementation

Le MinistĂšre a menĂ© et commandĂ© des recherches sur l’environnement rĂ©glementaire des Ă©tats internationaux. Les Ă©tats internationaux concernĂ©s qui ont fait l’objet de recherches comprennent le Royaume-Uni, l’Irlande, l’Australie, la Nouvelle-ZĂ©lande et les États-Unis en matiĂšre de coĂ»ts d’emprunt maximaux et d’exemptions Ă  ceux-ci. Le projet de rĂšglement s’harmonise dans une certaine mesure avec les exemptions aux plafonds de taux d’intĂ©rĂȘt dans ces pays. Par exemple, les prĂȘts commerciaux sont exempts de plafonds de taux d’intĂ©rĂȘt dans de nombreux États amĂ©ricains, au Royaume-Uni, en Irlande, en Australie et en Nouvelle-ZĂ©lande. Les prĂȘts sur gages sont exempts de plafonds de taux d’intĂ©rĂȘt en Australie, ainsi que dans certains États amĂ©ricains. De plus, le MinistĂšre a consultĂ© des partenaires provinciaux ayant des rĂ©gimes de prĂȘts sur salaire existants pour s’assurer que l’approche fĂ©dĂ©rale visant Ă  plafonner les prĂȘts sur salaire s’harmonise avec les rĂ©gimes lĂ©gislatifs provinciaux.

Évaluation environnementale stratĂ©gique

ConformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse prĂ©liminaire a permis de conclure qu’une Ă©valuation environnementale stratĂ©gique n’est pas requise.

Analyse comparative entre les sexes plus

Selon l’indice de rĂ©silience financiĂšre Seymour de juin 2022, environ 13 % des Canadiennes et Canadiens ont contractĂ© un prĂȘt Ă  tempĂ©rament et 4 % ont contractĂ© un prĂȘt sur salaire en 2022. Les donnĂ©es de l’ACFC dĂ©montrent que les Autochtones, les immigrants rĂ©cents, les Canadiens Ă  faible revenu et les femmes sont surreprĂ©sentĂ©s dans le pourcentage de Canadiens qui ont utilisĂ© un prĂȘteur en ligne ou sur salaire. Les utilisateurs de prĂȘts sur salaire ont gĂ©nĂ©ralement un revenu plus faible et peuvent vivre dans la pauvretĂ©.

Ces groupes bĂ©nĂ©ficieraient de cette mesure dans la mesure oĂč ils se fient aux prĂȘts sur salaire. De plus, toute personne au Canada qui se fie aux prĂȘts sur salaire bĂ©nĂ©ficiera du projet de rĂšglement. Toutefois, une petite proportion d’emprunteurs potentiels qui perdent l’accĂšs au crĂ©dit pourraient subir un certain prĂ©judice en raison du projet de rĂšglement. Certains de ces prĂ©judices peuvent inclure l’exclusion de ce marchĂ© et potentiellement le recours Ă  des prĂȘts illĂ©gaux.

Mise en Ɠuvre, conformitĂ© et application, et normes de service

Mise en Ɠuvre

Le projet de rĂšglement entrerait en vigueur trois mois aprĂšs la publication du rĂšglement dĂ©finitif dans la Partie II de la Gazette du Canada, correspondant Ă  la date d’entrĂ©e en vigueur des modifications apportĂ©es au Code criminel pour rĂ©duire le taux d’intĂ©rĂȘt criminel. Cette pĂ©riode de trois mois permettrait aux prĂȘteurs d’adapter leurs opĂ©rations, y compris les systĂšmes informatiques, la signalisation et le marketing, pour s’harmoniser avec les exigences.

Conformité et application

Le taux d’intĂ©rĂȘt criminel a Ă©tĂ© et continuera d’ĂȘtre appliquĂ© en vertu du Code criminel, et les exemptions au taux d’intĂ©rĂȘt criminel dans le projet de rĂšglement seront Ă©galement appliquĂ©es par les services de police provinciaux. Les prĂȘteurs qui ne respectent pas le taux criminel et les exemptions non liĂ©es Ă  la paie s’exposent Ă  des poursuites.

Dans les provinces dĂ©signĂ©es dotĂ©es d’un rĂ©gime de prĂȘt sur salaire et de limites existantes sur le coĂ»t d’emprunt pour les prĂȘts sur salaire, la nouvelle limite fĂ©dĂ©rale sur le coĂ»t d’un prĂȘt sur salaire continuera d’ĂȘtre appliquĂ©e par l’organisme de rĂ©glementation provincial appropriĂ©. Étant donnĂ© que les organismes de rĂ©glementation provinciaux concernĂ©s appliquent dĂ©jĂ  des limites provinciales sur le coĂ»t d’emprunt pour les prĂȘts sur salaire et d’autres mesures de protection des consommateurs liĂ©es aux prĂȘts sur salaire, on s’attend Ă  ce qu’ils soient en mesure de mettre en Ɠuvre la nouvelle limite fĂ©dĂ©rale au cours de la pĂ©riode de transition de trois mois. Aucun nouveau financement ne sera requis pour soutenir les organismes de rĂ©glementation provinciaux dans la mise en Ɠuvre.

Personne-ressource

La personne Ă  contacter pour les demandes de renseignements publiques est Mark Radley, Ă  l’adresse Ă©lectronique suivante :

consultationconsumeraffairs.consultationconsommation@fin.gc.ca

Ou

MinistĂšre de la Justice
Renseignements généraux
TĂ©lĂ©phone : 613‑957‑4222
Courriel : webadmin@justice.gc.ca

PROJET DE RÉGLEMENTATION

Avis est donnĂ© que la gouverneure en conseil, en vertu des paragraphes 347.01(2)rĂ©fĂ©rence a et 347.1(2.1)rĂ©fĂ©rence b du Code criminel rĂ©fĂ©rence c, se propose de prendre le RĂšglement sur le taux d’intĂ©rĂȘt criminel, ci-aprĂšs.

Les intĂ©ressĂ©s peuvent prĂ©senter leurs observations au sujet du projet de rĂšglement dans les trente jours suivant la date de publication du prĂ©sent avis. Ils sont fortement encouragĂ©s Ă  le faire au moyen de l’outil en ligne disponible Ă  cet effet sur le site Web de la Gazette du Canada. S’ils choisissent plutĂŽt de prĂ©senter leurs observations par courriel, par la poste ou par tout autre moyen, ils sont priĂ©s d’y citer la Partie I de la Gazette du Canada, ainsi que la date de publication du prĂ©sent avis, et d’envoyer le tout Ă  Judith Hamel, directrice gĂ©nĂ©rale, Division des services financiers, Direction de la politique du secteur financier, ministĂšre des Finances, 90, rue Elgin, Ottawa (Ontario) K1A 0G5 (courriel : consultationconsumeraffairs.consultationconsommation@fin.gc.ca).

Ottawa, le 14 dĂ©cembre 2023

La greffiÚre adjointe du Conseil privé
Wendy Nixon

RĂšglement sur le taux d’intĂ©rĂȘt criminel

Non-application — certains prĂȘts Ă  des fins commerciales ou d’affaires

CritĂšres

1 Pour l’application du paragraphe 347.01(1) du Code criminel, l’article 347 de cette loi ne s’applique pas Ă  l’égard de la convention ou de l’entente qui satisfait aux critĂšres suivants :

Non-application — certains prĂȘts sur gage

CritĂšres

2 Pour l’application du paragraphe 347.01(1) du Code criminel, l’article 347 de cette loi ne s’applique pas Ă  l’égard de la convention ou de l’entente qui satisfait aux critĂšres suivants :

Plafond relatif aux prĂȘts sur salaire

Plafond — coĂ»t total du prĂȘt contractĂ©

3 (1) Pour l’application de l’alinĂ©a 347.1(2)a.1) du Code criminel, le plafond au coĂ»t total du prĂȘt contractĂ© en vertu de la convention de prĂȘt sur salaire est de quatorze pour cent de la somme d’argent prĂȘtĂ©e.

Précision

(2) Lorsqu’il s’agit de dĂ©terminer si la convention de prĂȘt sur salaire respecte le plafond visĂ© au paragraphe (1), le coĂ»t total du prĂȘt n’inclut pas les frais, amendes, pĂ©nalitĂ©s ou autres sommes qui sont expressĂ©ment autorisĂ©s en vertu de la loi provinciale applicable et qui sont imposĂ©s Ă  l’emprunteur :

Définition de loi provinciale applicable

(3) Au paragraphe (2), loi provinciale applicable s’entend des mesures lĂ©gislatives visĂ©es au paragraphe 347.1(3) du Code criminel qui s’appliquent dans la province oĂč la convention de prĂȘt sur salaire a Ă©tĂ© conclue.

Entrée en vigueur

L.C. 2023, ch. 26

4 Le prĂ©sent rĂšglement entre en vigueur le premier jour oĂč les articles 610 Ă  612 de la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2023 sont tous en vigueur, ou, si elle est postĂ©rieure, Ă  la date de son enregistrement.

Conditions d’utilisation et Avis de confidentialitĂ©

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Les renseignements commerciaux confidentiels ne doivent ĂȘtre affichĂ©s que dans la zone de texte rĂ©servĂ©e Ă  cette fin. En gĂ©nĂ©ral, « renseignements commerciaux confidentiels Â» dĂ©signe les renseignements qui i) ne sont pas accessibles au public, ii) sont traitĂ©s de façon confidentielle par la personne dont l’entreprise est concernĂ©e par ces renseignements et iii) ont une valeur Ă©conomique rĂ©elle ou potentielle pour la personne ou ses concurrents, car ils ne sont pas accessibles au public et leur divulgation entraĂźnerait une perte financiĂšre pour la personne ou un gain important pour ses concurrents. Les commentaires fournis dans la zone rĂ©servĂ©e aux renseignements commerciaux confidentiels qui correspondent Ă  cette description ne seront pas rendus publics. L’institution fĂ©dĂ©rale qui gĂšre le changement rĂ©glementaire proposĂ© conserve le droit de rendre le commentaire public s’il n’est pas considĂ©rĂ© qu’il s’agit d’un renseignement commercial confidentiel.

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